Nous sommes puissants, bien au-delà de ce que nous croyons savoir de nous.

Par habitude, nous sommes beaucoup plus habiles à préparer la guerre que la paix. C’est un vieux logiciel, pavlonien. Et forcément c’est la guerre que nous obtenons.
Pour cela, nous avons un ministre et un ministère, une administration et une armée de personnel avec ses corps d’élite, des grands moyens de recrutement, d’entraînement, de communication et de couverture médiatique, d’espionnage et même de recherche, et bien sûr une légitimité historique (“on l’a toujours fait…”).
La guerre, oui, nous savons y faire. Et la paix, c’est quand, où et comment qu’on apprend “à savoir y faire” ? Où sont le ministre, le ministère et le personnel en charge de l’organisation de programmes et formations, du soutien logistique et de la couverture médiatique, où est le budget, le recrutement, le soutien à la recherche et aux échanges internationaux ? Et surtout, qui accepte en haut lieu de légitimer l’éducation – tant scolaire que permanente – à la paix ?

La paix, cela s’apprend, comme les maths, le foot, les langues et la conduite d’une voiture.

La paix ne tombe pas du ciel, sauf chez les Bisounours. La paix s’apprend, se travaille, s’organise et se structure avec au moins autant d’attention, de rigueur, de détermination et d’engagement que la guerre. Elle requiert une discipline de savoir être, qui permet de savoir être ensemble.
Toute maîtrise d’une discipline suppose des apprentissages, donc du temps et la volonté d’y parvenir.

Nous disposons d’armes de construction massive, aussi performantes qu’ignorées du grand public.

Il existe des dizaines et dizaines d’outils de paix qui ont fait leurs preuves dans de nombreux registres, certains depuis plus de 30 ans et bien plus, pour apprendre à se pacifier soi, pacifier ses relations aux autres, ouvrir son cœur et son discernement, gérer ses émotions, faire bon usage de la colère ou de la peur, savoir s’exprimer avec vigueur sans violence, savoir écouter l’autre sans craindre sa vigueur, développer du respect pour l’altérité et de l’empathie pour l’autre, traverser les conflits de façon “gagnant-gagnant”, faire les deuils nécessaires, nourrir son inspiration et sa créativité,… Ce sont des processus que nous pouvons apprendre à mettre en place petit à petit dans la durée. Rien à voir avec des trucs ou recettes de magazine comme tant de gens le croient.

La majorité de nos contemporains ignorent ces possibilités et subissent leur vie, subissent les tensions récurrentes, le doute et la détresse, la rage et la peur, la frustration croissante et l’amertume (et donc la tentation de compenser leur mal-être plutôt que de nourrir leur bien-être), sans même imaginer que des outils existent pour se transformer, transformer sa vie et se déployer autrement.
La majorité de nos dirigeants et des responsables de nos écoles, Hautes Ecoles et Universités, de nos religions, nos administrations, nos médias, et de nos journalistes ignorent ou n’ont pas compris la puissance de transformation dont chacun de nous dispose.
Ils ne contribuent donc pas à faire connaître ces approches et processus du grand public. Seuls le bouche à oreille et quelques magazines spécialisés, quelques sites internet, quelques rares émissions souvent aux heures tardives, quelques congrès et salons, et quelques affiches aux sorties de livres permettent au citoyen perdu d’avoir un premier contact avec le monde de la transformation intérieure.

Pour éviter de nous retrouver tous ensemble, en flagrant délit de non-assistance à personnes en danger, pire, non assistance à l’Humanité en danger, au sortir d’attentats tragiques et au lendemain de la COP21, je propose aux personnes qui partagent ces convictions de témoigner et diffuser largement cette conscience-ci (qui est -pour ce qui me concerne- le fruit de plus de 20 ans de pratique de l’accompagnement des personnes à travers les cycles, saisons et méandres de l’existence) :

Pour développer cette attitude, voici quelques pistes parmi bien d’autres (pour chaque point des méthodes existent) :

Voyez, il s’agit bien -comme pour la guerre- d’apprentissages qui demandent du courage, de la rigueur et de la persévérance. Rien de Bisounours : c’est du travail. Or nous savons apprendre, nous savons travailler, nous savons être persévérants et rigoureux.

Nous sommes donc puissants.

Thomas d’ANSEMBOURG

Psychothérapeute, Conférencier, Auteur de nombreux ouvrages dont “Cessez d’être gentil, soyez vrai !”
“Nous devons apprendre à nous aimer comme des frères, sinon nous allons nous entretuer comme des imbéciles”. Martin Luther King